Dans nos archives il y a… l’impératrice des roses
Dans nos archives il y a… l’impératrice des roses
Artiste peintre d’origine varoise, puisqu’elle naît aux Arcs-sur-Argens en 1845, Jeanne Magdeleine Coll, devenue Madeleine Lemaire, fut l’élève du peintre Charles Joshua Chaplin. Elle est également la nièce de Jeanne Mathilde Habert, épouse Herbelin, peintre miniaturiste qui expose régulièrement au Salon.
La légende veut qu’Alexandre Dumas fils, avec qui elle entretient une relation, aurait dit d’elle : « elle a créé le plus de roses après Dieu ».
Exposée pour la première fois au Salon de 1864 avec un portrait, elle va s’affirmer rapidement dans d’autres genres : paysages, natures mortes, scènes mythologiques… Pourtant ce n’est pas forcément cette image de peintre que gardera la postérité. Son atelier, situé dans le 8ème arrondissement de Paris va en effet rapidement se transformer en salon mondain où l’on pouvait rencontrer tout ce que la capitale comptait alors d’artistes comme les peintres Puvis de Chavannes ou Georges Clairin. Bientôt s’y ajoutèrent des écrivains comme Anatole France où Jules Lemaitre, des acteurs comme la grande Réjane dont elle fit le portrait ou des hommes politiques comme Paul Deschanel mais également des musiciens comme Massenet où Camille Saint-Säens.
Recevant le mardi d’avril à juin dans son petit hôtel particulier du 35 rue de Monceau c’est par son entremise que se rencontrèrent Marcel Proust et Reynaldo Hahn en 1894. Dans un article du Figaro de 1903 Marcel Proust, qui signe alors Dominique, dira de son salon : « Disons donc brièvement que cet hôtel sur la rue est la demeure, et ce hall situé dans un jardin, l’atelier, d’une personne étrangement puissante en effet, aussi célèbre au-delà des mers qu’à Paris même, dont le nom signé au bas d’une aquarelle, comme imprimé sur une carte d’invitation, rend l’aquarelle plus recherchée que celle d’aucun autre peintre et l’invitation plus précieuse que celle d’aucune autre maîtresse de maison : j’ai nommé Madeleine Lemaire. »
De la connivence de ce trio naîtra Les plaisirs et les jours paru en 1896 chez Calmann-Lévy ouvrage de Marcel Proust illustré par Madeleine Lemaire et comprenant 4 pièces pour piano de Reynaldo Hahn. L’on peut également penser que comme peintre de fleurs Madeleine Lemaire aida sans doute à suggérer le personnage proustien de Madame de Villeparisis. Elle contribua certainement également à prêter ses traits à Madame Verdurin, autre figure du bottin proustien ; on la surnommait d’ailleurs « La patronne » ou « la maîtresse » …
Illustratrice, aquarelliste et pastelliste, la peintre est également une dessinatrice de talent. Membre fondatrice de la Société des aquarellistes français en 1879 et de la Société des pastellistes français en 1885, elle poursuit son ambition aux côtés des hommes, d’égal à égal. Elle enseigne enfin, et est nommée « professeur de dessin » au Muséum national d’Histoire naturelle en 1899.
Dans nos fonds se trouve un exemplaire hors-commerce des Lettres inédites de Madame de Sévigné, ouvrage paru en 1913 aux éditions A la Marquise de Sévigné et orné de magnifiques illustrations de Madeleine Lemaire.
Nos archives conservent la trace de cette femme énergique et talentueuse au travers d’une trentaine de documents autographes : cartons d’invitation, lettres et cartes de visite annotées et toutes adressées au critique d’art Albert Flament. Ce sont ces documents que nous vous proposons aujourd’hui de découvrir afin de remettre en lumière cette artiste dont plusieurs toiles furent montrées en 2010 au musée Marmottan-Monet au cours de l’exposition : “Femmes peintres et salons au temps de Proust, de Madeleine Lemaire à Berthe Morisot”.
Légende des photos :
Photo n°1: Roses, par Madeleine Lemaire.
Photo n°2 : Madeleine Lemaire photographiée par Nadar.
Photo n°3 : Lettre de Madeleine Lemaire à Albert Flament.
Photo n°4 : Invitation de Madeleine Lemaire.
Photo n°5 : Vase d’œillets. Aquarelle de Madeleine Lemaire.
Photo n°6 : Invitation à un cours au Museum.
Photo n°7 : Page de titre des Lettres de Mme de Sévigné.
Photo n°8 : Illustration des Lettres de Mme de Sévigné.
Photo n°9 : Illustration des Lettres de Mme de Sévigné.
Photo n°10 : Invitation de Madeleine Lemaire.
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OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
ldiebold (18 septembre 2026). Dans nos archives il y a… l’impératrice des roses. Les carnets de la Fondation des Treilles. Consulté le 9 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16svw











