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Dans nos archives il y a… un monde en noir et blanc

Dans nos archives il y a… un monde en noir et blanc

À l’occasion des Rencontres photographiques d’Arles auxquelles participe chaque année la Fondation des Treilles nous vous proposons aujourd’hui d’évoquer le souvenir de trois grands noms de la photographie associés à Anne Gruner Schlumberger.

Dans nos archives photographiques sont conservés plusieurs milliers de clichés de Jacqueline Hyde, Marc Riboud et Edouard Boubat. Nous avons choisi de vous en présenter certains, peut-être moins connus, mais qui tous incarnent la mémoire des Treilles et de ses paysages…

En 2023, 10 ans après son décès, nous avions rappelé l’importance de Jacqueline Hyde, amie d’Anne Gruner, née à Berlin en 1922. Devenue photographe indépendante dans les années 50 elle travaille principalement pour la Réunion des Musées Nationaux et particulièrement pour le musée du Louvre. On retrouve également son nom dans de nombreux catalogues d’expositions de célèbres galeries qui exposent notamment de grands artistes du mouvement surréaliste.

Jacqueline Hyde sera associée à partir des années 60 à la genèse des Treilles et documentera la transformation des paysages et l’évolution du projet architectural de la Fondation. Un grand nombre de ces photographies conservées aux Treilles permettra d’illustrer l’ouvrage écrit par Anne Gruner en 1979 : Les Treilles, histoire naturelle et humaine d’un dessein.

Marc Riboud, photographe né en 1923, est quant à lui le frère de Jean Riboud, ancien président de la Société de services pétroliers Schlumberger Limited, et celui d’Antoine Riboud, également homme d’affaires et entrepreneur français. Son père est un ami de Maurice Schlumberger, frère de Jean que nous connaissons bien et oncle d’Anne Gruner. L’on comprend mieux ainsi les liens qui se tissent entre les deux familles. D’abord ingénieur Marc Riboud va finalement se consacrer entièrement à la photographie qu’il pratique depuis ses jeunes années et dans les années cinquante il va faire la connaissance de deux des créateurs de l’agence Magnum dont il intègrera l’équipe, Henri Cartier-Bresson et Robert Capa.

Il est célèbre pour ses reportages en Asie et, dans un documentaire de l’ORTF de 1967 visible sur le site des Amis de Marc Riboud, il énonce sa vision de la photographie qui ne peut se faire que de l’Intérieur du pays dont on veut parler et non pas depuis Paris où New York. Ses images humanistes et son regard poétique documentent les bouleversements du XXe siècle comme les indépendances africaines ou le conflit vietnamien.

Cette photographie humaniste caractérise également l’œuvre d’Edouard Boubat dont Jacques Prévert dira qu’il est « un correspondant de paix ».

Issu d’un milieu modeste et né à Paris en 1923 il étudie d’abord la photogravure puis après la 2nde guerre mondiale se consacre entièrement à la photographie. D’abord reporter permanent pour le magazine Réalités puis pour la revue Camera il sera également membre de l’agence Rapho avant de mener une carrière indépendante riche en voyages qui le mèneront de l’Inde au Mexique, en passant par le Canada, le Japon ou le Brésil…  

A la lecture de nos archives Il est plus difficile d’expliquer l’origine de la relation entre Anne Gruner Schlumberger et Edouard Boubat. Se sont-ils rencontrés par l’intermédiaire de Picasso ou plus probablement lors de la construction de la bibliothèque de Clamart dont Boubat sera l’un des principaux photographes ?

Ce qui est certain c’est que les liens entre nos trois photographes et Anne Gruner  existent bel et bien et les clichés en notre possession ainsi que les ouvrages dédicacés présents dans nos fonds en sont une preuve absolue…


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
ldiebold (15 juillet 2026). Dans nos archives il y a… un monde en noir et blanc. Les carnets de la Fondation des Treilles. Consulté le 10 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16ktc