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Séminaire « Que faire des valeurs ? »

Séminaire organisé par Nathalie Heinich du 29 juin au 3 juillet 2026.

Participants

Nathalie HEINICH (EHESS – Paris, France), Christian BESSY (IDHE, ENS Paris-Saclay – Paris, France ), Johann CHAPOUTOT (Sorbonne Université – Paris, France), Patrick CHARAUDEAU (Sorbonne Paris Nord / CNRS Cerlis Paris Cité – Villetaneuse, France), Frédéric KECK (CNRS Laboratoire d’anthropologie sociale – Paris, France), Frédérique LEICHTER-FLACK (Sciences Po – Paris, France), Sébastien CACIOPPO (Université Grenoble Alpes – Grenoble, France), André ORLEAN (Paris Jourdan Sciences Economiques  – Paris, France), Jean-Marie SCHAEFFER (EHESS, Institut Jean Nicod – Paris, France), Vincent TIMSIT (EHESS – Paris, France), François VATIN (Université Paris-Nanterre – Nanterre, France), Francis WOLFF (CNRS et ENS-PSL (UMR République des Savoirs) – Paris, France), Nicolas HERCELIN (Sciences Po Bordeaux – Pessac, France), Carole TALON-HUGON (Sorbonne Université – Paris, France), Alain ERHENBERG (CNRS – Paris, France).

 

Résumé

La notion de valeur est à la fois une notion de sens commun hautement familière, et un concept présent dans la plupart des disciplines des sciences humaines et sociales. Mais, paradoxalement, il a été peu défini, en tout cas de façon précise et consensuelle. Ce séminaire pluridisciplinaire s’est donné pour objectif de réfléchir collectivement à la façon dont peut être prise en compte la problématique des valeurs, et ce qu’elle apporte aux travaux des uns et des autres.

Les disciplines représentées ont été la sociologie, la philosophie et l’esthétique, l’économie, l’histoire, l’anthropologie, les études littéraires, le droit et la linguistique. Mais, davantage que pluridisciplinaire, cette rencontre a été réellement interdisciplinaire grâce à la qualité des échanges entre participants, qui se sont tous pliés à l’exigence d’écoute et de discussion des communications des uns et des autres. La discussion a porté notamment – mais pas seulement – sur les possibilités heuristiques du modèle d’analyse des attributions de valeur proposé par l’organisatrice, relevant de la sociologie axiologique, inspirée par la pragmatique.

Le séminaire réunissait principalement des chercheurs confirmés voire émérites, mais y ont participé également un jeune maître de conférences, un postdoctorant et un doctorant.

Abstract

What Should we Do with Values ?

The concept of value is both a very familiar common sense notion and a concept embedded in most disciplines within the humanities and social sciences in most humanistic and social sciences. But, paradoxically, it has been poorly defined—at least in any precise or universally accepted way. This multidisciplinary seminar has been set out to collectively reflect on how the issue of values can be addressed and what it contributes to each participant’s work.

 The disciplines represented included sociology, philosophy and aesthetics, economics, history, anthropology, literary studies, law, and linguistics. However, more than merely multidisciplinary, this gathering was truly interdisciplinary thanks to the quality of the exchanges among participants, all of whom committed to listening to and discussing one another’s presentations. The discussion focused in particular—though not exclusively—on the heuristic possibilities of the model for analyzing valuations proposed by the organizer, which falls within the realm of axiological sociology and is inspired by pragmatics.

The seminar brought together primarily established and even distinguished researchers, but also included a young associate professor, a postdoctoral fellow, and a doctoral student.

Compte rendu

Intitulé « Que faire des valeurs ? », ce séminaire organisé par la sociologue Nathalie Heinich a réuni pendant quatre jours quinze chercheurs (dont trois juniors) de différentes disciplines : sociologie, philosophie, économie, histoire, anthropologie, études littéraires, droit et linguistique. Il s’est donné pour objectif de réfléchir collectivement à la façon dont peut être prise en compte la problématique des valeurs, et ce qu’elle apporte aux travaux des uns et des autres. Mais, davantage que pluridisciplinaire, cette rencontre s’est avérée réellement interdisciplinaire, non seulement en raison de la transversalité inhérente à la notion de « valeur » mais aussi grâce à la qualité des échanges entre participants, qui se sont tous pliés à l’exigence d’écoute et de discussion des communications des uns et des autres. Les discussions ont porté notamment – mais pas seulement – sur les possibilités heuristiques du modèle d’analyse des attributions de valeur proposé par l’organisatrice, relevant de la sociologie axiologique, inspirée par la pragmatique.

La première journée a permis d’aborder la place des valeurs en sociologie (Nathalie Heinich), puis de donner la parole aux philosophes sur la notion de préférence (Jean-Marie Schaeffer), la valeur de la vie (Francis Wolff), et la patrimonialisation comme mode de résolution des conflits de valeur (Carole Talon-Hugon).

La deuxième journée, dédiée aux économistes et apparentés, nous a permis de réfléchir au statut de la valeur économique par rapport aux valeurs sociales (André Orléan), à la réalité de son existence même en tant que valeur spécifique (François Vatin), aux valeurs affectées aux monuments (Christian Bessy), ainsi qu’aux chaînes de valeur dans l’industrie (Nicolas Hercelin).

La troisième journée a été consacrée à l’histoire, avec les valeurs du nazisme (Johann Chapoutot) ; à l’anthropologie, avec la valeur des vaccins (Frédéric Keck) ; à la littérature, avec la mise en fiction des dilemmes moraux (Frédérique Leichter-Flack) ; et au droit, avec le statut des valeurs en droit privé (Sébastien Cacioppo).

Enfin la quatrième et dernière journée a permis de faire entendre le point de vue de la linguistique, avec la place des valeurs dans les processus d’énonciation (Patrick Charaudeau) ; puis de la sociologie des représentations de la santé mentale, avec une mise en perspective sociohistorique de la valeur d’autonomie (Alain Ehrenberg) ; et, enfin, de la sociologie des valeurs, à travers une enquête sur le selfie devant la Joconde et autres hauts-lieux (Vincent Timsit).

Un bilan final a fait émerger des appréciations très positives sur le format de ce type de séminaire, qui offre tout le temps nécessaire pour de vrais échanges (non seulement après les communications mais pendant les pauses et les repas) ; sur sa dimension réellement interdisciplinaire et pas seulement pluridisciplinaire, qui a permis d’éviter les pièges de l’homonymie à propos du mot « valeur » ; ainsi que sur son atmosphère amicale et bienveillante. Les seuls regrets ont porté sur le manque de temps pour mieux explorer le magnifique domaine des Treilles…

 L’un des objectifs de ce séminaire était de contribuer à installer la question des valeurs dans le paysage des sciences humaines et sociales de façon aussi rigoureuse que possible, alors même que sa familiarité dans l’expérience ordinaire tend à en brouiller les contours. L’on espère avoir favorisé ainsi la mise en place de repères communs permettant de lui conférer le maximum de puissance heuristique. Il s’agit donc là d’ouvrir à de nouvelles possibilités dans le projet de « faire de la théorie des valeurs un pot commun des sciences humaines et sociales », selon l’expression d’un des participants.

 Etant donné l’excellent niveau des interventions et la notoriété de la plupart des participants, une publication serait non seulement envisageable mais même souhaitable.

 


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
ldiebold (15 juillet 2026). Séminaire « Que faire des valeurs ? ». Les carnets de la Fondation des Treilles. Consulté le 11 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16ktb